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Enfin du Progrès en France concernant le diagnostic et le traitement du TDAH!

par Constance Konoldle 5 octobre 2017

Lorsque je me suis inscrite à la journée d’information et de conférence sur le “TDAH et Accès aux Soins” organisé par l’Université de Paris-Nanterre le 29 septembre dernier, je ne m’attendais pas à ce que le sujet soit controversé.

Or, à l’heure du déjeuner, les 920 participants ( à 95 percent des femmes ) ont eu droit à une manifestation d’une petite poignée de “nouveaux psychanalystes ” très mécontents que l’Université Paris-Nanterre crédibilise le TDAH en hébergeant cette conférence.  Perplexe, je trouve sur le blog de Christian Colbeaux du 13 septembre dernier, un début d’explication : les psychanalystes sont très fâchés que la Haute Autorité de la Santé (HAS), donc l’Etat, soit passé par-dessus la tête des ” experts français ” pour soit disant promouvoir le diagnostic TDAH selon une classification américaine : le “DSM 5” (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), ce que les psychanalystes français perçoivent comme une arnaque manigancée par l’industrie pharmaceutique juste pour vendre de l’ “amphétamine ” aux gosses.  Si on lit entre les lignes on comprend que les psychanalystes français ont peur pour leur métier même car beaucoup de pédopsychiatres sont formés en psychanalyse or ils ignorent tout sur le TDAH (Colbeaux 2017).  

Les temps sont durs pour les psychanalystes qui ont également perdu leur terrain d’exclusivité sur le diagnostic et le traitement de l’autisme en France en 2012 (Psychologies 2016).

Ce qui est vrai, c’est que nous pouvons remercier les chercheurs américains d’avoir d’abord élaboré un diagnostic depuis les années 1950, puis trouvé des solutions pour traiter ce que l’on appelle en France le TDAH – Trouble Déficit d’Attention / Hyperactivité.

Reconnu depuis longue date de par ses symptômes ( distraction, manque d’attention, bougeotte et parfois – surtout chez les sujets mâles – l’hyperactivité )  et résultant en des échecs scolaires, embrouilles émotionnelles avec l’entourage qui diagnostique incorrectement les symptômes comme de la léthargie, la paresse, ou la dépression, l’ADAH a pris de l’importance d’abord aux Etats-Unis dans les années 1990 lorsque la pharmacologie a identifié des molécules ayant un effet bénéfique sur les symptômes.  Il s’agit surtout du méthylphénidate, connu sous les labels pharmaceutiques Ritaline®, Concerta®, et Quasym®.  Le méthylphéndate n’est pas un amphétamine.

Ce trouble est reconnu actuellement comme un problème neuro-bio-psychologique développemental.  Il ne doit pas être confondu avec des handicaps tels que les déficiences intellectuelles, la surdité, la basse vision, l’épilepsie, l’anxiété et des TOC ; il n’est pas non plus un problème du sommeil ni un problème alimentaire, bien que des troubles du sommeil est l’un des symptômes.

Il s’agit d’un “spectrum” ( spectre ou continuum en français ) avec des causes et des manifestations assez variées :

  • la génétique
  • des comorbidités communes
  • des chevauchements entre ” maladies “
  • des différences de forme et d’intensité selon le sexe ( les garçon peuvent être plus hyperactif que les filles )

Bien que non considéré comme une maladie proprement dit mais plutôt un “trouble”, on peut dire qu’il s’agit bien d’une “dysfonction des synapses”.  On sait que la génétique peut entrainer une dysfonction des synapses  ; pareillement l’environnement – tel que la prématurité, des infections pendant la grossesse ou à la naissance, et des polluants.  Tout cela peut contribuer à rendre les synapses moins performantes sans diminuer la capacité intellectuelle.

Il y a deux sortes de traitement : pharmacologique et non-pharmacologique.

Il y a plusieurs molécules qui peuvent avoir un effet bénéfique sur le TDAH.  On mesure cet effet selon beaucoup de facteurs sur une échelle d’efficacité qui va de petit, moyen et grand effet ( chiffré de 0.2 à 0.8 ).  Par exemple, les antidépresseurs peuvent avoir un effet de 0.6 sur cette échelle, donc d’effet moyen ou nul sur le TDAH.  

Parmi les médicaments avec une efficacité élevée ( 0.77 ) se trouve le méthylphénidate connu sous les labels Ritaline®, Concerta®, et Quasym® . Selon le Dr Pierre Castelnau (2017),  “Le méthylphénidate a une action symptomatique et non curative”.

Il ne faut pas s’inquiéter pour les effets secondaires de la prise de l’un de ces médicaments et il faut surtout cesser de les appeler des ” drogues “.  Ces médicaments peuvent provoquer des variations vasculaires dans les premières semaines de la prise mais tout rentre dans l’ordre après 15 jours ; ils n’ont aucun effet sur des personnes ne souffrant pas de ce trouble.

Les traitements non pharmacologiques ne sont pas efficaces pour les causes principales ; ils ne peuvent que remédier aux aspects secondaires (Lecendreux, 2017), mais il ne faut pas les minimiser non plus car ils apportent un grand confort à l’enfant ( ou à l’adulte ) aussi bien qu’à son entourage :

Selon le docteur Michel Lecendreux, il faut toujours utiliser une approche multimodale, surtout puisque la médecine française n’a pas encore assez de pédiatres et de généralistes formés. Il faudrait développer davantage de spécialistes pour la prise en charge de l’enfant (pharma et non pharma, psychiatrie, neuropédiatrie et d’autres personnes qualifiées en TDAH) ; impliquer l’enfant et la famille dans le diagnostic et le traitement.  Il faut rapidement combler les retards aux diagnostics (parents, enseignants, enfants, dès le primaire) avant que le sujet ne développe des comorbidités ( manque de confiance en soi, dépression, agression …).  D’eux mêmes, les parents peuvent entreprendre un examen physique poussé de  leur enfant suspecté d’être atteint et faire faire un bilan WISC et des testes psychométrique et d’attention. Les institutions, telles que les écoles, les cliniques,  et les centres d’activité, peuvent accompagner les parents en leur transmettant de l’information sur le TDAH.

Il y a actuellement un manque de pédiatres formés en France pour reconnaître et pour traiter le TDAH. (Il y a actuellement 24 mois de délais pour consulter un neuropédiatre dans la région de la Haute Savoie !)  Il y a également une résistance de taille de la part de l’orthodoxie médicale française et des psychanalystes qui disputent l’authenticité de ce trouble et qui exagèrent la dangerosité des soins.

Selon les médecins experts et les chercheurs sur le TDAH présents à la conférence, la France a besoin d’entreprendre des démarches intégrales et d’éliminer les disparités départementales, qui sont très marquées. On peut mieux former les médecins en France : actuellement, un médecin français n’entends parler du TDAH qu’une heure pendant toute sa formation.  A l’école, on peut offrir systématiquement des cours orientation pour les enfants, à chaque âge : Qui suis-je ? Que vais-je faire de ma vie ?

En nous parlant des problèmes de l’inattention, de l’hyperactivité, et de l’impulsivité, le Pr Pierre Castelnau souligne le besoin pour les adolescents de développer la conscience de soi et de la motivation.  Il y a également des thérapies complémentaires qui peuvent aider, même si elles ne peuvent pas soigner le TDAH : l’hypnose, la méditation, art-thérapie, equi-thérapie …

Un travail avec un psychologue ou un coach ainsi que des thérapies comportementales, et thérapie cognitive est recommandé pour optimiser les stratégies productives.  De telles approches ont un effet moyen-grand sur l’échelle de l’efficacité, entre 0.5 et 0.7.  Il faut compter un minimum de 8 séances d’une heure et 15 minutes ainsi qu’un bilan individuel à trois mois, avec un support écrit par séance.

Par ailleurs, l’apprentissage de certaines techniques est recommandé :

  • la planification (utilisation surtout d’un To Do List)
  • organisation matérielle (gestion des documents, gestion du temps)
  • hygiène de vie (suffisamment de sommeil, bonne alimentation, activité physique)
  • motivation (établissement d’objectifs à longue terme)
  • correction de l’impulsivité et de la procrastination par la PNL, le coaching, et la psychothérapie.

Dans tout ce qui concerne le motivationnel, il faut favoriser le mode Guider au lieu des modes Diriger et Suivre en établissant un partenariat symétrique, non jugemental et altruiste avec le sujet.

L’inclusion scolaire 2017

La philosophie scolaire en France concernant la façon de traiter Les Différences a beaucoup évoluée depuis les années 1970.  La France a tâté beaucoup d’approches : laisser ceux qui sont ” différents ” sur la périphérie en attendant qu’ils trouvent des solutions tous seuls ; séparer du groupe ceux qui sont “différents” en les mettant dans des écoles et des centres spécialisés ; et finalement de les inclure avec les autres élèves, même si cela nécessite un accompagnement en classe par une aide humaine spécialisée.  

La philosophie actuelle en 2017 est l’inclusion totale.   Les écoles sont donc encouragées d’offrir des séances d’orientation ( recherche de soi ), se renseigner sur les diagnostics des troubles, encourager leurs professeurs et les instituteurs de se former dans des spécialités qui peuvent adresser les besoins de l’ADAH, aider les parents à trouver des solutions, et communiquer la réalité du terrain dans la hiérarchie éducative pour faire bouger le schmilblick (Voyazopolos, 2017).

*****

Sources supplémentaires d’informations:

“Plongeons en nos troubles” – une vidéo gratuite de deux heures à regarder sans faute par les pédagogues à tous les niveaux scolaires, produit par  l’Université Paris-Nanterre.  http://www.plongezennostroubles.com/

“Atole”ATTentif à l’écOLe.   un programme éducatif adapté au lycée, ouverture 2018-2019; Développement en milieu scolaire d’ateliers d’apprentissage de l’attention déduits des neurosciences cognitives  http://www.agence-nationale-recherche.fr/?Projet=ANR-13-APPR-0011

Regardez des mini-films scientifique de Jean-Philippe LACHAUX https://www.youtube.com/watch?v=GbMWsmZJM2Qhttps://www.youtube.com/watch?v=FAUAZfW-Brc

Références

CASTELNAU, Pierre. (2017). Conscience de soi et motivation, des leviers pour les thérapies ? Conférence TDAH à l’Université Paris Nanterre. Notes personnelles prises le 29 septembre 2017

COLBEAUX, Christian (2017). http://colblog.blog.lemonde.fr/author/colblog/ Accessed 29 septembre 2017

CORTESE, Samuele (2017). Traitement pharmacologiques versus non-pharmacologiques. Conférence TDAH à l’Université Paris Nanterre. Notes personnelles prises le 29 septembre 2017

GRESSIN, Pierre (2017). Le TDAH, un trouble neurodéveloppemental ? Conférence TDAH à l’Université Paris Nanterre. Notes personnelles prises le 29 septembre 2017

LAURENT, Philippe (2017). La Médittion de pleine conscience (Mindfulness) : intérpet en pratique. Conférence TDAH à l’Université Paris Nanterre. Notes personnelles prises le 29 septembre 2017

LACHAUX, Benjamin (2017). Education pédagogique de l’attention en classe. Conférence TDAH à l’Université Paris Nanterre. Notes personnelles prises le 29 septembre 2017

LECEDREUX, Michel. (2017). Le TDAH : point de situation et recommandations européennes pour le TDAH; où se situe la France. Conférence TDAH à l’Université Paris Nanterre. Notes personnelles prises le 29 septembre 2017

LOPEZ, Régis (2017). Conférence TDAH à l’Université Paris Nanterre. Notes personnelles prises le 29 septembre 2017

PSYCHOLOGIES (2016) http://www.psychologies.com/Moi/Problemes-psy/Troubles-Maladies-psy/Articles-et-Dossiers/Autisme-diagnostic-prises-en-charge-et-polemique/Autisme-faut-il-bruler-la-psychanalyse

ROMO, Lucia. (2017). Apport de l’entretien motivationnel. Conférence TDAH à l’Université Paris Nanterre. Notes personnelles prises le 29 septembre 2017

VOYAZOPOULOS, Robert (2017). Inclusion scolaire. Conférence TDAH à l’Université Paris Nanterre. Notes personnelles prises le 29 septembre 2017

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